Tard cette nuit, le transporteur a confirmé que l’arrêt de travail est maintenant en vigueur après l’échec des négociations avec le syndicat.
Les agents de bord de WestJet sont maintenant en grève, ce qui force l’arrêt des vols de la compagnie aérienne en pleine période achalandée des vacances d’été, après que le transporteur et le syndicat n’aient pas réussi à s’entendre sur une nouvelle convention collective.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a annoncé le déclenchement de la grève peu après l’expiration de l’échéance fixée.
Les négociations se poursuivaient afin de combler les écarts entre WestJet et la composante WestJet du SCFP, le principal point de blocage demeurant le travail au sol non rémunéré effectué par le personnel de cabine.
Dans un communiqué, la présidente Alia Hussain a affirmé que la plus récente offre de WestJet était insuffisante.
« Nous sommes en grève parce que nous croyons mériter mieux, dit-elle. Nous sommes prêts à retourner à la table de négociation pour parvenir à un règlement. Nous espérons que le gouvernement fédéral n’interviendra pas et laissera le processus de négociation suivre son cours. Le travail non rémunéré constitue une priorité importante pour nous, mais nous négocions une convention collective globale.
« Nous n’en serions pas là si la compagnie avait pris nos préoccupations au sérieux pendant près de 11 mois de négociations », d’ajouter la syndicaliste.
WestJet réagit
La nuit dernière, WestJet a confirmé par voie de communiqué qu’un arrêt de travail de ses agents de bord est maintenant en cours, ce qui empêche la compagnie aérienne d’assurer les vols prévus à bord de ses Boeing 737 et 787.
« Nous sommes déçus d’en être arrivés là, indique Alexis von Hoensbroech, chef de la direction du Groupe WestJet. Cette situation a des répercussions directes sur les projets de voyage de nos invités, de nos employés et des collectivités ainsi que des entreprises que nous desservons. »
« Nous demeurons disponibles pour poursuivre les discussions avec le syndicat en vue d’en arriver à une entente, de poursuivre le chef de la direction. Nous avons présenté une proposition qui aurait établi une nouvelle référence pour le personnel de cabine au Canada, en faisant de WestJet la seule compagnie aérienne à offrir une rémunération horaire couvrant tout le temps travaillé avant et après les vols, en plus d’une augmentation salariale à deux chiffres dès la première année, ainsi que d’autres mesures répondant aux priorités soulevées par le syndicat. Malheureusement, cette offre n’a pas été acceptée. »
Principaux éléments de la proposition de WestJet
Par voie subséquente d’un autre communiqué, le transporteur a dévoilé les offres qu’il avait faites au syndicat de ses agents de bord. En voici les grandes lignes.
- À compter du 1er octobre 2026 : augmentation de 13,0 %
- À compter du 1er janvier 2027 : augmentation de 2,5 %
- À compter du 1er janvier 2028 : augmentation de 2,5 %
- À compter du 1er janvier 2029 : augmentation de 2,5 %
- Versement rétroactif des augmentations salariales au 1er janvier 2026
- Nouvelle prime pour les heures de service (Duty Pay Premium) : rémunération de toutes les heures de service (rémunération additionnelle pour toutes les heures travaillées, conçue pour répondre à la revendication du syndicat concernant le travail non rémunéré), représentant l’équivalent d’une hausse salariale supplémentaire de 12 %
- Compte de dépenses de santé : 300 $ par année
- Hausse importante des indemnités quotidiennes de repas : 13 % en 2026, puis 2,5 % par année par la suite
- Cinquième semaine de vacances après 25 années de service
- Bonification du congé de maternité jusqu’à 17 semaines après l’accouchement
- Nouveau programme de travail à temps partiel flexible (horaire réduit)
- Améliorations importantes de l’horaire et de la qualité de vie :
- une heure supplémentaire de repos à la base d’attache;
- une heure additionnelle de repos minimal lors des escales à l’extérieur de la base;
- possibilité d’échanger une partie d’un quart de travail à l’extérieur de la base;
- Prime versée lorsqu’un membre d’équipage est réaffecté à un vol non pourvu à sa base d’attache;
- Réduction de la durée maximale d’une journée de service lorsqu’un membre d’équipage effectue trois segments de vol ou plus;
- Rémunération lorsque les membres d’équipage doivent attendre avant de pouvoir accéder à leur chambre d’hôtel lors d’une escale.
Mesures préventives
Dès vendredi, la compagnie aérienne avait commencé à immobiliser des appareils et à annuler des vols avant une éventuelle grève afin d’éviter que des passagers et des membres d’équipage ne se retrouvent bloqués loin de leur destination.
Outre les salaires, la rémunération du travail effectué au sol constitue l’un des principaux points d’achoppement des négociations, moins d’un an après que la même question eut provoqué un conflit de travail impliquant 10 000 agents de bord d’Air Canada.
À Calgary, les équipes de négociation poursuivaient des discussions presque sans interruption dans une salle de conférence d’un hôtel afin de conclure une nouvelle convention collective.
Le fédéral interviendra-t-il?
Une inconnue demeure quant à une possible intervention du gouvernement du premier ministre Mark Carney.
Peu après le déclenchement de la grève des agents de bord d’Air Canada, en août dernier, à propos de ce qu’ils considéraient comme du travail non rémunéré, la ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, avait demandé au Conseil canadien des relations industrielles d’ordonner leur retour au travail.
Le syndicat avait défié cette ordonnance, forçant Air Canada à reprendre les négociations, qui avaient finalement mené à une entente de principe. Ce geste du syndicat avait créé un précédent extrajudiciaire qui a servi d’avertissement aux dirigeants des compagnies aériennes lors des négociations subséquentes.
La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, a rapidement réagi à l’annonce de la grève, se disant déçue qu’aucune entente n’ait pu être conclue afin d’éviter cette interruption des activités.
Elle a réitéré ses commentaires précédents selon lesquels les meilleures ententes se concluent à la table de négociation, sans toutefois préciser si le gouvernement entendait intervenir.
Des pertes de plusieurs millions
Même un arrêt de travail de courte durée coûtera des millions de dollars à WestJet en pleine haute saison touristique, durant un long week-end dans plusieurs régions du Canada.
Selon la compagnie, WestJet exploite plus de 600 vols par jour et transporte quotidiennement des dizaines de milliers de passagers, parfois plus de 70 000.
Le Syndicat canadien de la fonction publique avait intensifié sa campagne de relations publiques au cours des dernières semaines, notamment en organisant une « journée d’action » ponctuée de rassemblements partout au pays le 14 juillet.
Conséquences pour les voyageurs
Tous les voyageurs touchés recevront un remboursement ou seront réacheminés, selon le cas.
Les clients ayant réservé directement auprès de WestJet recevront des mises à jour à l’adresse courriel fournie lors de leur réservation. Ceux qui ont effectué leur réservation par l’intermédiaire d’un conseiller en voyages ou d’une plateforme tierce sont invités à communiquer directement avec celui-ci.
Pour obtenir les plus récentes informations sur les options offertes aux voyageurs, consultez la page des Avis aux voyageurs de WestJet. Pour les dernières nouvelles concernant les négociations, rendez-vous plutôt sur westjet.com/cabincrew.
Avec les informations de Profession Voyages.