Scott Kirby affirme avoir approché le PDG d’American Airlines en vue d’une possible fusion, mais dit s’être heurté à un refus.
Le PDG de United Airlines a confirmé lundi avoir approché sa rivale American Airlines au sujet d’une éventuelle fusion, reconnaissant publiquement pour la première fois sa proposition, affirmant qu’elle profiterait aux voyageurs malgré le refus d’American d’entamer des discussions.
« J’étais convaincu que cette combinaison, qui aurait consisté à ajouter plutôt qu’à retrancher, afin de créer une compagnie véritablement exceptionnelle et appréciée des clients, pouvait obtenir l’aval des autorités de régulation, a indiqué Scott Kirby dans un communiqué publié lundi. J’espérais pouvoir présenter cette vision à American, mais elle a refusé de s’engager et a plutôt choisi de fermer publiquement la porte. »
La confirmation du PDG de United survient après des semaines de spéculations publiques sur une éventuelle fusion entre deux des plus grandes compagnies aériennes états-uniennes, dans un contexte de hausse des prix du carburant liée à la guerre en Iran et de rapports indiquant qu’il avait approché la Maison-Blanche à ce sujet.
Scott Kirby a déclaré lundi qu’il avait contacté directement American pour une possible alliance, mais on ignore si cela s’est produit avant ou après sa rencontre à la Maison-Blanche.
Rejet public
American a publiquement rejeté l’idée d’une fusion, affirmant dans un communiqué du 17 avril qu’elle « n’est engagée dans aucune discussion ni intéressée par une fusion avec United Airlines ».
De plus, une combinaison des deux transporteurs « serait néfaste pour la concurrence et pour les consommateurs » et pourrait soulever des inquiétudes en matière d’antitrust, a indiqué la société.
American Airlines, basée à Fort Worth au Texas, est elle-même le produit d’une fusion en 2013 avec US Airways Group. Donald Trump a également déclaré la semaine dernière qu’il s’opposait à une fusion des deux compagnies.
Dans son communiqué publié lundi, Scott Kirby, qui a déjà occupé le poste de président d’American Airlines, a fait valoir qu’une fusion élargirait le service, créerait une compagnie plus compétitive à l’échelle mondiale et stimulerait l’économie états-unienne en créant des emplois et en renforçant le secteur de la manufacture d’avions.
Mettre fin à la concurrence
La rivalité entre United et American se joue depuis des années à travers des batailles tarifaires et des différends concernant l’accès aux portes d’embarquement dans des plaques tournantes majeures, comme l’aéroport international O’Hare de Chicago, où les deux compagnies tentent d’étendre leur présence.
Dans ce contexte de concurrence, la Federal Aviation Administration a ordonné ce mois-ci de réduire d’environ 300 le nombre de vols quotidiens aux heures de pointe durant l’été, à O’Hare, en expliquant que les augmentations prévues par les deux transporteurs risquaient de saturer un aéroport déjà en proie à de sérieux retards.
L’ordre entrera en vigueur le 2 juin, plus tard qu’initialement prévu, après que la FAA a indiqué la semaine dernière vouloir donner aux compagnies aériennes plus de temps pour ajuster leurs horaires.
Baisse en bourse
Les actions de United, basée à Chicago, ont reculé de 1,2 % lundi, à 91,90 dollars. Elles ont perdu environ 18 % depuis le début de l’année dans le contexte de la guerre en Iran, qui a débuté fin février et a fait grimper fortement les prix du carburant. Les actions d’American ont chuté d’environ 3,5 % lundi, à 11,68 dollars. American recule de près de 24 % depuis le début de l’année.
Le carburant d’aviation constitue généralement l’une des plus grandes dépenses des compagnies aériennes, les rendant particulièrement vulnérables aux hausses de prix et aux chocs d’approvisionnement.
Dans certains marchés, le prix du carburant d’aviation a plus que doublé, alors que la guerre près du détroit d’Ormuz resserre l’approvisionnement mondial, augmentant les coûts d’exploitation pour les compagnies. En réponse, les transporteurs du monde entier ont relevé leurs tarifs et frais, United et American comptant parmi les compagnies états-uniennes ayant augmenté les frais de bagages enregistrés.
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Légende de la photo principale : Scott Kirby, deuxième à gauche, PDG de United Airlines, et Robert Isom, deuxième à droite, PDG d’American Airlines, écoutent le secrétaire aux Transports Sean Duffy annoncer un nouveau plan d’infrastructure pour le contrôle du trafic aérien, le 8 mai 2025, à Washington. — CRÉDIT : AP Photo/Julia Demaree Nikhinson.