L’IATA prédit une hausse inévitable des tarif aériens

Les coûts du carburant aviation devraient augmenter de près de 40 %, passant de 252 milliards $ en 2025 à 350 milliards $ en 2026, selon les dernières prévisions de l’IATA.


Dans le cadre de la 82e Assemblée générale annuelle de l’Association du transport aérien international (IATA), qui s’est déroulée à Rio du 6 au 8 juin, les experts prédisent une hausse inévitable des tarifs aériens, dans le courant de l’année.

Celle-ci illustre la pression croissante sur les compagnies aériennes mondiales, dans un contexte de tensions dans le détroit d’Ormuz liées à la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran.

La hausse de 1 milliard $ de la facture du carburant repose sur un prix moyen attendu du pétrole brut à 95 $ le baril (Brent) pour l’année, en hausse de 37 % par rapport aux 69 $ de 2025. Le carburant aviation devrait atteindre en moyenne 152 $ le baril, soit près de +70 % par rapport aux 90 $ de 2025. L’écart de raffinage (prime du jet fuel sur le Brent) devrait atteindre 57 $ le baril, un record historique.

 

Un impact atténué, mais pas tant

L’IATA note que les compagnies aériennes couvrent (par hedging) environ un tiers de leur consommation de carburant prévue pour 2026. Cette stratégie atténue l’impact, mais n’élimine pas l’exposition à une hausse prolongée des prix.

Avec une consommation globale de carburant stable d’une année sur l’autre, c’est bien l’augmentation du prix du kérosène qui fait grimper sa part dans les coûts d’exploitation à 31,4 % en 2026, contre 25,4 % en 2025.

Les compagnies aériennes devraient enregistrer un bénéfice net total de 23 milliards $ en 2026, soit environ la moitié des 41 milliards $ initialement prévus. C’est aussi à peu près la moitié des 45 milliards $ estimés pour 2025.

La marge nette devrait atteindre 2 % en 2026, contre 3,9 % auparavant projetés, et 4,2 % en 2025.

 

De sombres perspectives

« Les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient et la hausse des coûts du carburant ont détérioré les perspectives du secteur, indique Willie Walsh, directeur général de l’IATA. À l’échelle mondiale, les profits devraient être divisés par deux par rapport à 2025. Les bénéfices passent de 45 milliards $ à 23 milliards $, et les marges de 4,2 % à 2 %. Tous les résultats financiers sont sous pression à cause de la hausse rapide de 70 % du carburant aviation. »

« Une partie de ces coûts est répercutée via les prix et des gains d’efficacité, mais cela ne suffit pas à maintenir les niveaux de rentabilité précédents, poursuit M. Walsh. Les petites compagnies aériennes aux bilans fragiles sont particulièrement touchées. À l’échelle régionale, tous les acteurs restent dans le vert mais avec des performances fortement réduites, sauf au Moyen-Orient. Les transporteurs du Golfe font face à une forte incertitude opérationnelle après des fermetures quasi totales de l’espace aérien au début du conflit. Ils maintiennent la connectivité, mais les impacts financiers sont inévitables. »

 

Sale temps pour les transporteurs

Même en période favorable, l’industrie aérienne fonctionne avec de faibles marges et des rendements inférieurs au coût du capital. Le choc pétrolier met donc à rude épreuve sa résilience financière.

« Les compagnies aériennes absorbent une grande partie du choc sur le carburant, ajoute Willie Walsh. Même si le prix des billets augmente, cela ne se répercute pas entièrement sur la hausse sur leurs résultats. Le bénéfice net par passager devrait tomber à 4,50 $, soit la moitié de l’an dernier. Cela montre une certaine résilience, mais ce montant ne permet même pas d’acheter un hot-dog dans un stade de Coupe du monde, et laisse très peu de marge en cas de hausse supplémentaire des coûts ou des taxes. »

Selon les prévisions de l’IATA, le nombre de passagers devrait atteindre 5,1 milliards en 2026 (+2,4 % par rapport à 2025).

Lors de l’assemblée, l’IATA a aussi lancé la campagne « Save a Life, Not a Bag », encourageant les passagers à ne pas récupérer leurs bagages lors des évacuations d’urgence. Cette initiative répond aux cas de plus en plus fréquents où des voyageurs retardent l’évacuation pour récupérer leurs effets personnels ou prendre des photos.