Les inondations catastrophiques d’hier ont entraîné la mort de 353 personnes et la disparition de 1 300 autres.
Les équipes de secours recherchaient toujours, jeudi, des centaines de personnes portées disparues le long de la frontière entre le Népal et la Chine, au lendemain d’une déferlante catastrophique et meurtrière faite d’inondations et de coulées de boue, qui a balayé plusieurs communautés à la suite de l’effondrement d’un glacier.
Selon les chiffres à jour au moment d’écrire ces lignes, la catastrophe a fait au bas mot 353 morts et plus de 1 300 disparus, dont 30 ressortissants canadiens, ainsi que bon nombre d’étrangers et de pèlerins, en plus de déplacer des centaines de personnes dans l’ensemble de la région himalayenne.
Une tragédie en direct
Des vidéos de la tragédie montrent les eaux emportant des personnes qui tentaient de fuir, ainsi que des bâtiments et des ponts détruits. Jeudi, des images prises par drone au Népal ont permis de mesurer l’ampleur des destructions.
Les vallées escarpées de la région constituent des artères économiques et des corridors de transport essentiels, mais elles sont particulièrement vulnérables lorsque survient une catastrophe.
Des images montrent ce qui semble être le deuxième étage de bâtiments à Nuwakot recouvert de boue après le passage du torrent. Des débris étaient accrochés aux branches des arbres et aux fils électriques, des véhicules étaient ensevelis et certains survivants, encore sous le choc, étaient couverts de boue. Les inondations ont interrompu les déplacements dans certaines zones. Les habitants ont eu très peu de temps pour fuir.
Le réchauffement climatique pointé du doigt
La chaîne de l’Himalaya s’étend sur plusieurs pays d’Asie et abrite plusieurs des plus hauts sommets du monde, ainsi que d’immenses glaciers encore présents dans la région.
Les pentes abruptes et les vallées verdoyantes situées au pied de l’Himalaya sont particulièrement exposées aux inondations, aux glissements de terrain et aux phénomènes météorologiques extrêmes. La fonte des glaciers est devenue plus fréquente en raison du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines.
Des chercheurs de Katmandou ont constaté plus tôt cette année que les glaciers de l’ensemble de la région de l’Hindou Kouch-Himalaya fondaient plus rapidement, le rythme de la perte de glace ayant doublé depuis 2000.
Des hélicoptères déployés
Des responsables népalais ont indiqué que des dizaines de ponts avaient été détruits et que près de 40 kilomètres de routes avaient été endommagés, compliquant les opérations de recherche.
L’armée népalaise a secouru plus de 100 personnes dans les zones touchées par les inondations au moyen d’hélicoptères jeudi matin, a indiqué son porte-parole, le brigadier-général Raja Ram Basnet. Au moins huit ressortissants étrangers ont été transportés par avion vers la capitale, Katmandou, a-t-il précisé. Des équipes de l’armée ont également évacué des personnes piégées dans des installations liées au projet hydroélectrique de Trishuli.
Les secouristes ont retrouvé des corps à environ 100 kilomètres en aval de la zone sinistrée, dans le district de Chitwan. Des dizaines de blessés ont été transportés à Katmandou afin d’y recevoir des soins médicaux spécialisés.
Bishal Kumar Bhandari, président de la Société de la Croix-Rouge du Népal, a déclaré que les opérations s’étaient concentrées sur les secours à grande échelle plutôt que sur les recherches, dans les districts frappés par les inondations. Selon lui, environ 1 200 personnes ont été déplacées dans au moins trois villages.
L’effondrement d’un glacier responsable?
Les experts attribuent les inondations dévastatrices à l’effondrement d’un glacier. L’United States Geological Survey (USGS) avait initialement signalé un séisme de magnitude 4,4 tôt mercredi matin, à environ 66 kilomètres au nord de Katmandou, près de la frontière.
L’USGS a par la suite révisé son analyse et indiqué que l’événement sismique mesuré correspondait plutôt à un effondrement glaciaire d’une magnitude de 5,2, qui avait entraîné des débris en aval avec des conséquences catastrophiques pour les communautés.
L’organisme a précisé que cette conclusion reposait sur les données de stations sismiques situées à proximité, sur les ondes sismiques de longue période et sur des images satellitaires, et qu’aucun tremblement de terre ne s’était produit.
Des experts du climat du Centre international pour le développement intégré des montagnes, basé à Katmandou, ont estimé qu’une avalanche provenant d’un glacier avait probablement provoqué la crue soudaine de mercredi.
« Les observations hydrologiques indiquent une vitesse et une ampleur exceptionnelles de la vague de crue », ont-ils déclaré dans un communiqué transmis par courriel, soulignant qu’à un endroit de la rivière Trishuli, le niveau de l’eau avait augmenté jusqu’à neuf mètres en une demi-heure.
La rivière Lhende Khola, un affluent de la Bhotekoshi, a atteint son niveau maximal de crue, ont-ils ajouté.
De dangereux précédents
La catastrophe survenue au Népal et au Tibet n’est pas un événement isolé. Le système glaciaire de l’Himalaya, de plus en plus instable, menace les communautés, les infrastructures et les ressources en eau dans l’une des régions les plus densément peuplées du monde.
La région avait connu des inondations soudaines similaires en août 2025, lorsqu’un lac glaciaire au Tibet avait débordé en raison des températures élevées. Neuf personnes avaient été tuées et des infrastructures essentielles, dont un pont reliant le Népal et la Chine, avaient été endommagées.
Shristi Kafle a contribué à ce reportage depuis Katmandou, au Népal. Kanis Leung à Hong Kong, Aijaz Hussain à Srinagar, en Inde, Rod McGuirk à Melbourne, en Australie, Eileen Ng à Kuala Lumpur, en Malaisie, Charlotte Graham-McLay à Wellington, en Nouvelle-Zélande et Niranjan Shrestha ont également contribué à ce reportage.
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Légende de la photo principale : Des secouristes transportent une victime des crues soudaines vers un lieu sûr le long de la rivière Trishuli, dans le district de Nuwakot, au Népal, le 26 août 2026. — Photo AP/Niranjan Shrestha