L’État autorise notamment la propriété étrangère à 100 %, l’ouverture aux non-Cubains de destinations de premier plan et le financement par la diaspora.
Cuba assouplit les règles entourant la propriété étrangère des projets touristiques, accorde davantage de contrôle sur les chaînes d’approvisionnement et met en place plusieurs autres mesures afin de soutenir son industrie touristique, durement touchée par les sanctions de l’administration états-unienne et le blocus pétrolier.
La Isla Grande lance ainsi ce qu’elle qualifie de programme historique qui comprend 176 réformes de libre marché visant à revitaliser son secteur touristique.
Selon l’Office du tourisme de Cuba, ce virage économique donne davantage de pouvoir aux principaux acteurs de l’industrie du voyage et aux investisseurs internationaux, tout en réduisant la prédominance de l’État.
« Nous sommes ravis de faire partie de ce chapitre extraordinaire, indique Gihana Galindo, directrice de l’Office du tourisme de Cuba à Toronto. Ces réformes marquent une étape importante qui permettra à notre industrie d’être plus durable, autonome et résiliente. »
Une période charnière
Rappelons que l’avis aux voyageurs du gouvernement du Canada pour Cuba demeure au niveau orange (éviter les voyages non essentiels).
Plusieurs grandes entreprises du secteur hôtelier ont aussi réduit ou cessé leurs activités sur l’île. Les compagnies aériennes canadiennes ont suspendu leurs vols vers Cuba et, plus tôt ce mois-ci, les principaux voyagistes du pays ont annoncé la suspension indéfinie de leurs opérations cubaines.
Le plan de réforme vise donc à amoindrir tous les effets négatifs de cette nouvelle réalité cubaine.
Le plan de réforme cubain en bref
- Propriété étrangère à 100 % autorisée: les investisseurs peuvent désormais contourner les coentreprises avec l’État pour construire et posséder entièrement de nouveaux projets touristiques.
- Contrôle direct de la chaîne d’approvisionnement: les exploitants peuvent importer directement des produits et équipements haut de gamme, éliminant ainsi les délais bureaucratiques et les pénuries.
- Ouverture de destinations de premier plan: des capitaux privés peuvent désormais être investis dans des zones auparavant réservées à l’État, notamment la Vieille Havane, Trinidad et les Cayos.
- Intégration au système bancaire international: l’arrivée de nouvelles banques privées vise à simplifier les transactions financières, les réservations et les paiements aux opérateurs.
- Retour du financement de la diaspora: les Cubains vivant à l’étranger peuvent acheter des propriétés et gérer directement des hôtels-boutiques patrimoniaux de premier plan.
- Location dynamique des établissements: des hôtels sont rapidement confiés à des exploitants privés plus proactifs.
- Excursions locales authentiques: les entreprises privées peuvent désormais concevoir et commercialiser des expériences culturelles uniques et ancrées dans les communautés locales.
- Immobilier et marinas: le développement immobilier est autorisé dans toutes les zones touristiques selon la demande, en plus de coentreprises et de programmes de location pour les marinas.
- Banque numérique: création d’une banque coopérative en ligne destinée à promouvoir et gérer les actifs virtuels.
- Transport et logistique: approbation d’activités de location de voitures gérées par des coentreprises, des investisseurs étrangers et des entités privées ou non étatiques.
- Opérations de voyage: reconnaissance des agences de voyages exploitées par des coentreprises et des acteurs privés, ainsi que l’intégration de guides touristiques et de gestionnaires de destinations locales.
- Expansion internationale: développement de franchises internationales pour des marques cubaines emblématiques, notamment La Bodeguita del Medio, Floridita et Gato Tuerto, afin d’accroître leur rayonnement mondial.
- Afflux d’investissements provenant de marchés non occidentaux: campagnes ciblées pour attirer des capitaux vers les zones côtières et les terminaux de croisière.
- Amélioration de l’expérience client: une gestion plus décentralisée doit permettre un service plus rapide, des installations modernisées et une satisfaction accrue des visiteurs.
Bienvenue aux propositions
L’Office du tourisme de Cuba souligne que le ministère cubain du Tourisme accueille activement les propositions d’affaires internationales et précise que les investisseurs intéressés peuvent communiquer avec l’Office, les consulats cubains ou l’ambassade de Cuba à Ottawa.
Bref, alors que plusieurs compagnies aériennes, voyagistes et groupes hôteliers réduisent leur présence ou suspendent leurs activités à Cuba, le gouvernement cubain rétorque en ouvrant davantage son économie au capital privé étranger. Une tentative de relance ambitieuse qui montre à quel point le tourisme demeure vital pour l’économie de l’île.