Des experts confirment les prévisions d’Air Canada sur l’approvisionnement en carburant

En raison de la guerre en Iran et des menaces de pénuries, les voyageurs demeurent frileux et tendent à réserver à la dernière minute.


Ces derniers jours, plusieurs experts se sont prononcés sur les assurances données par Air Canada quant à son approvisionnement en carburant aviation, alors que la compagnie aériennes et d’autres transporteurs multiplient les efforts pour rassurer les passagers inquiets de possibles annulations de vols et perturbations de voyage cet été.

Interviewé à Radio-Canada, l’analyste en aviation Rick Erickson donne ainsi raison à Air Canada au sujet de ses perspectives pour des opérations fluides durant les prochains mois achalandés.

« Je pense qu’ils vont avoir leur carburant, dit-il. Ils figurent parmi les clients prioritaires et, si l’approvisionnement devait devenir problématique, les avions d’Air Canada seront servis en premier. »

Le porte-parole d’Air Canada, Peter Fitzpatrick, a aussi déclaré à Radio-Canada que la compagnie aérienne observe une forte demande pour l’Europe et souhaitait rassurer sa clientèle.

 

Des avis rassurants

Comme nous le rapportions cette semaine, la plus récente mise à jour envoyée par Air Canada aux membres d’Aéroplan se voulait rassurante dans le contexte des tensions dans le détroit d’Ormuz et des récents titres concernant l’approvisionnement mondial en carburant.

« Il n’y a aucune pénurie de carburant affectant les opérations d’Air Canada, y compris en Europe, et aucun impact important n’est prévu au cours de l’été », indiquait le transporteur dans un courriel envoyé le 2 juin.

Air Canada a ajouté qu’elle s’attend pleinement à exploiter son horaire estival actuel. « Bien que les marchés mondiaux du carburant demeurent volatils, des sources d’approvisionnement diversifiées et sophistiquées sont en place. »

 

Toujours de l’inquiétude dans l’air

La vaste couverture médiatique portant sur les tarifs aériens exorbitants, les surtaxes carburant et les avertissements concernant une éventuelle pénurie de carburant d’aviation a contribué à accroître l’inquiétude des voyageurs.

En Europe, les compagnies aériennes ont commencé à réduire leurs tarifs à la mi-avril afin de stimuler la demande. Cette décision est survenue quelques jours seulement après que les aéroports européens eurent lancé leur sévère avertissement selon lequel les réserves de carburant aviation ne suffiraient que pour six semaines au printemps et à l’été.

La semaine dernière, Dieter Vranckx, directeur commercial du groupe Lufthansa, a affirmé qu’aucun des fournisseurs du groupe ne signalait de risque pour l’approvisionnement en carburant cet été dans les six plaques tournantes européennes de Lufthansa (Francfort, Munich, Zurich, Vienne, Bruxelles et Rome), ni dans ses autres destinations à l’étranger.

M. Vranckx a toutefois précisé qu’un peu moins du quart du carburant aviation destiné aux besoins européens du groupe Lufthansa transite par le détroit d’Ormuz.

 

Des réductions massives de vols

Plus tôt ce printemps, le groupe Lufthansa a annoncé une réduction de son programme estival, supprimant environ 20 000 vols court-courriers d’ici octobre dans le cadre d’un effort plus large visant à gérer la hausse des coûts du carburant et à rationaliser son réseau européen.

Le moniteur des prix du carburant aviation de l’IATA fait état d’un recul récent des prix. Toutefois, d’autres experts ont indiqué à Radio-Canada que les fluctuations de prix et les messages contradictoires envoyés au marché créent de la confusion chez les consommateurs.

Selon The Globe and Mail, la capacité des vols transocéaniques d’Air Canada est en hausse de près de 3 % pour l’été 2026 comparativement à l’été 2025.

En s’appuyant sur les données du fournisseur de données aéronautiques Cirium, le quotidien rapporte que la capacité aérienne prévue pour la saison estivale entre le Canada et le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Espagne, ainsi que vers des destinations comme le Japon, était à peu près la même à la fin de mai qu’avant le début du conflit.

 

Une demande stable pour l’Europe

Le porte-parole de Cirium, Mike Arnot, a indiqué que les réservations de vols entre l’Europe et le Canada se maintenaient à un niveau comparable à celui de l’été dernier.

Mehrdad Pirnia, professeur agrégé en science de la gestion et en génie à l’University of Waterloo, a pour sa part déclaré au Globe que « les compagnies aériennes ont appris que le carburant demeure disponible auprès d’autres sources, mais qu’il est plus coûteux et plus difficile à obtenir. »

Plus tôt cette semaine, le Conseil national des lignes aériennes canadiennes a lui aussi réitéré sa foi envers les transporteurs, tout en assurant les voyageurs « qu’ils pouvaient réserver leur séjour en toute confiance. »