En 2019, le crash d’un avion d’Ethiopian Airlines avait entraîné l’immobilisation au sol de tous les Boeing 737 Max 8 dans le monde, pendant deux ans.
Un Canadien qui a perdu plusieurs membres de sa famille dans le tristement célèbre écrasement d’un Boeing 737 Max 8 en Éthiopie, en 2019, a conclu une entente à l’amiable juste avant l’ouverture du procès de l’avionneur, à Chicago.
Le cabinet d’avocats représentant Manant Vaidya, un résident de Brampton, en Ontario, qui a perdu ses parents, sa sœur, son beau-frère et deux jeunes nièces dans l’écrasement, affirme que le dossier a été réglé pour un montant confidentiel, alors que les déclarations d’ouverture devaient commencer devant une cour de district états-unienne.
Rappelons que les 157 personnes à bord de cet appareil ont été tuées lorsque celui-ci a subi une défaillance et piqué du nez avant de s’écraser, entraînant dans la mort 18 citoyens canadiens et d’autres ressortissants étrangers qui vivaient au Canada.
L’écrasement du vol 302 d’Ethiopian Airlines, à destination du Kenya, est survenu peu après son décollage de l’aéroport international Bole d’Addis-Abeba, en Éthiopie.
La famille Vaidya, qui vivait au Canada à l’époque, était à bord pour prendre part à un safari pour lequel elle avait économisé pendant des années.
L’avionneur tenu responsable
La porte-parole de Boeing, Shelley Spreier, affirme dans un communiqué que l’entreprise est « profondément désolée » pour toutes les personnes qui ont perdu des proches.
« Nous nous sommes engagés dès le départ à indemniser pleinement et équitablement les familles des victimes et avons accepté la responsabilité juridique des accidents dans le cadre de ces procédures », écrit-elle.
« Boeing a accepté l’entière responsabilité pour cette perte insensée et évitable de vies innocentes, et ce géant corporatif a maintenant été tenu redevable envers cette famille, en particulier envers cet homme qui a perdu sa chère mère, son père et sa sœur », a déclaré Robert Clifford, avocat principal des plaignants dans les dossiers réglés.
Conduite frauduleuse et trompeuse
L’écrasement du 737 Max 8 d’Ethiopian Airlines est survenu cinq mois après qu’un appareil du même modèle, exploité par Lion Air, s’est écrasé en mer de Java, faisant 189 morts. Partout dans le monde, les autorités de réglementation du transport aérien avaient alors cloué au sol tous les Boeing Max pendant deux ans, le temps que les enquêteurs déterminent les causes de ces deux drames.
Ceux-ci avaient alors conclu que les deux crashes étaient dus à une série de défaillances impliquant le logiciel de commande de vol des appareils ainsi qu’à une supervision réglementaire laxiste et à une mauvaise formation des pilotes.
Le ministère de la justice avait alors révélé que les responsables de Boeing avaient dissimulé des informations sur les modifications apportées à ce système de contrôle de vol automatisé. Les manuels de formation des pilotes manquaient d’informations sur le système, qui passait outre les commandes des pilotes en se basant sur des données erronées, forçant les avions à piquer du nez peu après le décollage, rappelle la BBC.
« Les accidents tragiques du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d’Ethiopian Airlines ont mis en évidence la conduite frauduleuse et trompeuse des employés de l’un des principaux constructeurs d’avions commerciaux du monde », avait déclaré le procureur général adjoint par intérim, David Burns, cité par la BBC. « Les employés de Boeing ont choisi la voie du profit plutôt que celle de la franchise en dissimulant des informations matérielles à la FAA concernant l’exploitation de son avion 737 Max et en s’engageant dans un effort pour dissimuler leur tromperie ».
Des amendes de taille
En 2021, le département de la Justice des États-Unis a également infligé à l’avionneur une amende de 2,5 milliards de dollars américains pour régler une accusation de fraude envers les autorités de réglementation.
En novembre dernier, le gouvernement états-unien a abandonné des accusations criminelles contre Boeing en échange d’un règlement de 1,1 milliard $US versés à titre d’amendes, de mesures de sécurité et d’indemnisation des familles des victimes.
Parallèlement, Boeing a conclu plusieurs ententes liées aux décès de passagers impliqués, en plus d’être condamné dans d’autres cas, comme en novembre dernier, où l’avionneur a dû verser plus de 28 millions $US à la famille d’autres victimes.
Malgré toutes ces péripéties, l’avionneur reprend petit à petit son envol : pour la première fois depuis des lustres, Boeing a supplanté Airbus pour le nombre de commandes passées, en 2025.
Avec les informations de Profession Voyages.