Les chutes Victoria, de la terre au ciel

Entre Zambie et Zimbabwe, les chutes Victoria comptent parmi des plus impressionnantes cataractes au monde : elles sont même les plus larges qui soient. Survol – dans tous les sens du terme – de ce site grandiose.


– Bonjour Monsieur, suivez-moi, nous allons passer à la pesée.

– Pourquoi? J’ai l’air trop gros pour monter à bord?

– Non, c’est pour mieux répartir le poids dans l’hélicoptère!

Même si, de façon générale, j’estime faire un peu trop d’embonpoint, j’étais bien content d’avoir une dizaine de kilos en trop, ce matin-là.

Crédit : Gary Lawrence

Car c’est grâce à cette surcharge corporelle que je suis devenu LE passager qui serait assis à côté du pilote et, donc, celui qui profiterait de la meilleure vue sur les chutes Victoria, avec le pare-brise en forme de bulle ouvert juste sous mes pieds.

Crédit : Gary Lawrence

Si cette incroyable succession de colossales cataractes, qui s’étire sur 1,7 km, est fichtrement impressionnante quand on marche devant elle du côté du Zimbabwe, elle est tout autant – sinon plus – renversante du haut des airs.

 

Un tonnerre de fumée

Dès le décollage de l’hélicoptère depuis sa base de la petite ville de Victoria Falls, impossible de se tromper de direction : l’immense nuage de bruine qui s’élève jusqu’à 400 mètres au-dessus les chutes est visible à des dizaines de kilomètres à la ronde.

Crédit : Gary Lawrence

Leur nom original, Mosi-Oa-Tunya, ne signifie d’ailleurs pas « le tonnerre de fumée » ou « la fumée qui gronde » pour rien. En raison des mégatonnes d’eau qui déferlent du haut du fleuve Zambèze, les chutes créent littéralement un microclimat pluvieux au-dessus d’elles. Tellement qu’une petite zone de forêt tropicale humide est presque continuellement arrosée par les pluies de ce nuage.

Crédit : Gary Lawrence

De près, on a l’impression de marcher sous la pluie, même quand le temps est au beau fixe; de loin, on sait exactement où se trouve l’immense échancrure d’une centaine de mètres dans la croûte terrestre, créée par l’érosion au fil des millénaires.

 

Des chutes gonflées à bloc

Après quelques minutes à survoler le Zimbabwe depuis la base, l’hélicoptère atteint finalement les chutes, comme si le Zambèze arrivait au bout du monde. En ce mois de janvier, en pleine saison des pluies, les chutes sont bien gonflées, bouillonnantes et plus que jamais majestueuses – ce qui est moins le cas en saison sèche.

Pour satisfaire tous les passagers à bord, le pilote entame un double survol des chutes en « 8 » : de la sorte, tout le monde a droit à un point de vue enlevant sur ce sublime décor naturel, en contrebas. Tout le monde, et surtout moi, puisque peu importe l’angle, j’en prends plein la vue à tout moment, compte tenu de ma position privilégiée à l’avant de l’hélico.

Crédit : Gary Lawrence

Du haut des airs, je saisis alors mieux que jamais l’ampleur du site, et j’aperçois distinctement la longue faille du plateau dans laquelle se jettent les eaux, avant qu’elles se faufilent dans un étroit canyon en zigzag, à la fois canalisation naturelle pour évacuer les eaux et frontière entre Zambie et Zimbabwe.

Crédit : Gary Lawrence

Deux fois moins hautes que les chutes d’Iguazu (195 m), mais deux fois plus élevées que celles du Niagara (57 m), les chutes Victoria sont surtout les plus larges au monde (1,7 km), ce qui justifie amplement qu’on les embrasse du haut des airs pour prendre toute la mesure de leur étendue.

Crédit: Gary Lawrence

Mais il ne faut pas pour autant se contenter de ce seul point de vue, si inoubliable soit-il, loin s’en faut.

 

Une spectaculaire randonnée

« Découvertes » en 1855 par David Livingstone – disons plutôt que le célèbre explorateur écossais fut le premier Européen à les voir –, les chutes Victoria méritent vraiment d’être admirées depuis la terre ferme, surtout du côté du Zimbabwe. 

C’est là qu’un long sentier fort bien aménagé permet de les reluquer sous tous leurs angles, de côté comme de face, depuis de nombreux points d’observation.

Crédit : Gary Lawrence

Entre les îlots au sommet des chutes qui divisent le flux du fleuve Zambèze en une série de cataractes distinctes, on tombe ainsi sur les Devil’s Falls, les moins hautes (80 m), plutôt étroites mais Ô combien violentes et rugissantes, puis sur les Main Falls, séparées des Devil’s Falls par Cataract Island.

Crédit : Gary Lawrence

Un peu plus hautes et surtout bien plus larges, celles-ci sont interrompues par l’île Livingstone, d’où partent des baigneurs téméraires qui vont se risquer à faire trempette dans la Devil’s Pool, un bassin situé juste au sommet des chutes – cardiaques et hypertendus s’abstenir.

Crédit : Gary Lawrence

En continuant vers l’est, on tombe bientôt sur les Horse Shoe Falls, les « chutes du Fer à cheval », puis sur les Rainbow Falls, les « chutes de l’Arc-en-ciel », qui sont les plus hautes (108 m).

Crédit : Gary Lawrence

La randonnée, qui se fait en partie sous la pluie en raison de l’eau en suspension renvoyée dans les airs par les chutes, se conclut là où débute le canyon, à mi-chemin de la largeur des chutes. De l’autre côté, en Zambie, on devine les Armchair Falls, les « chutes du Fauteuil », puis par la Eastern Cataract, qui borde aussi la rive zambienne.

Crédit : Gary Lawrence

Au terme de cette marche épique devant d’inimaginables trombes d’eau et des cascades rugissantes, il est encore possible de faire monter son taux d’adrénaline en s’offrant un peu de rappel dans le canyon ou en se jetant du haut du pont sur le Zambèze, les chevilles attachées à un long câble élastique, en criant « bungeeeeeeeeeeee!!! »

Pour ma part, je préfère rentrer à l’hôtel – le splendide Victoria Falls Safari Lodge – pour surfer sur la vague d’émotions qui me submerge encore, et pour assimiler tant de splendeurs absorbées en si peu de temps.

Crédit: Gary Lawrence

C’est là que je réalise, au terme de cette expérience qui conclut royalement bien le Safari-croisière au fil du Zambèze, que j’aurai eu droit à tous les extrêmes de ce fleuve mythique. D’abord devant l’un de ses bras les plus tranquilles, en Namibie; ensuite dans sa version la plus féérique, sur le lac Kariba; et enfin ici, dans sa section la plus théâtrale, la plus sensationnelle, la plus épique.

 

À savoir

Le Safari-Croisière au fil du Zambèze s’étend sur neuf jours et permet de passer de Johannesbourg (Afrique du Sud) aux chutes Victoria (au Zimbabwe) par une série d’excursions (terre ferme, fleuves et rivières) et une croisière lacustre.

Cette dernière dure trois jours et se déroule à bord de l’un des deux luxueux bateaux intimistes de CroisiEurope, l’African Dream et le Zimbabwean Dream, dotés de 6 Suites et 2 Suites avec balcon, toutes ouvertes sur les paysages extérieurs et d’une capacité de 16 passagers.

Pour gagner Jo’Burg de Montréal, on compte plusieurs possibilités via de grandes métropoles, dont Istanbul avec Turkish Airlines, qui relie le Québec à la Turquie trois fois par semaine.

À l’aller ou au retour, on peut profiter de l’impressionnant salon d’affaires du transporteur à l’aéroport d’Istanbul (pour les passagers admissibles) ou de son programme stopover, ainsi que des visites guidées gratuites de Touristanbul. Sur place, Turkish Airlines traite avec plusieurs excellents hôtels, dont le splendide Lokalist, très central et admirablement bien situé face au Square Taksim.

Entre Victoria Falls et Jo’Burg, le petit transporteur zimbabwéen Fastjet jouit enfin de l’une des meilleures fiches de ponctualité de la région.

À lire aussi, les deux premiers volets de cette trilogie :

 –CroisiEurope en Afrique australe, un safari-croisière inoubliable.

CroisiEurope en Afrique australe: du Botswana au lac Kariba.

L’auteur était l’invité de CroisiEurope, de Turkish Airlines et de Fastjet.