Moins d’un mois de réserves de carburant d’aviation en Europe

La région pourrait faire face à un déficit d’approvisionnement en carburéacteur de près de 600 000 barils par jour au troisième trimestre


L’Europe disposerait de moins d’un mois de réserves de carburéacteur, alors que les tensions liées à l’Iran continuent de menacer le transport maritime dans le détroit d’Ormuz.

Jusqu’à présent, les compagnies aériennes ont évité d’importantes pénuries en augmentant leurs importations, en stimulant la production des raffineries et en puisant dans leurs stocks.

Toutefois, des analystes du secteur estiment que l’Europe demeure plus exposée que l’Amérique du Nord et l’Asie, puisqu’elle dépend davantage des importations de carburant d’aviation.

 

Des importations records

Les importations européennes de carburéacteur ont atteint en juin leur plus haut niveau depuis septembre 2025, avec des approvisionnements provenant notamment des États-Unis, du Canada, de l’Inde, de la Corée du Sud, du Nigeria et du Koweït.

Malgré ces efforts, l’équilibre entre l’offre et la demande demeure plus serré en Europe qu’en Amérique du Nord et en Asie. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne figurent parmi les pays considérés comme les plus vulnérables, après des décennies de fermetures de raffineries qui ont accru la dépendance européenne envers le carburéacteur importé.

Le détroit d’Ormuz demeure l’une des principales voies maritimes mondiales pour le transport de l’énergie, puisqu’il assure le passage d’environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié transportés par voie maritime à l’échelle mondiale. Toute perturbation prolongée pourrait réduire les approvisionnements en carburant et faire grimper les coûts pour les compagnies aériennes pendant la haute saison estivale des voyages.

 

L’Europe en manque, l’Amérique et l’Asie en excédent

Selon le cabinet de conseil en énergie Energy Aspects, l’Europe pourrait faire face à un déficit d’approvisionnement en carburéacteur de près de 600 000 barils par jour au troisième trimestre, tandis que les États-Unis et la région Asie-Pacifique devraient conserver des excédents d’approvisionnement.

Au début du mois de juin, les stocks européens de carburéacteur totalisaient environ 38 millions de barils, soit moins de 30 jours de consommation. À titre de comparaison, les réserves américaines dépassaient 99 millions de barils.

 

Une production à la hausse

Afin de renforcer leur approvisionnement, les raffineurs européens ont augmenté leur production et diversifié leurs sources d’importation. L’Italie, par exemple, a accru sa production de carburéacteur d’environ 10 % au cours des quatre premiers mois de l’année, tandis que le Koweït devrait reprendre ses livraisons vers l’Europe en août après une interruption des expéditions plus tôt cette année.

La Commission européenne a également indiqué qu’elle était prête à coordonner des libérations provenant des réserves nationales de carburant, si nécessaire, afin de contribuer à stabiliser l’approvisionnement dans les États membres.

Pour l’instant, l’Europe a réussi à éviter une pénurie majeure. Toutefois, les analystes préviennent qu’une perturbation importante du transport maritime dans le détroit d’Ormuz pourrait rapidement resserrer les marchés mondiaux du carburant, créant de nouveaux défis pour les compagnies aériennes durant l’une des périodes de voyage les plus achalandées de l’année.