• samedi le 4 février, 2023

Retour sur le 2eme Symposium de Tourisme durable Québec 2022

Partagez nous!

Québec, le 8 novembre 2022 — Plus de 150 participants ont assisté au deuxième symposium en virtuel et en présentiel de Tourisme durable Québec (TDQ), qui a eu lieu le 1er novembre dans une institution qui incarne parfaitement la responsabilité et la durabilité en tourisme : le Monastère des Augustines dans le Vieux-Québec. Partie intégrante du Sommet du tourisme de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ), l’événement a permis de rassembler les acteurs impliqués dans la transition vers un tourisme durable, afin de réfléchir ensemble aux enjeux et pistes de solution à prioriser pour l’avenir.

Deux ans déjà !

En ouverture, Sandra Gauthier, présidente de TDQ, a rappelé que la jeune organisation, née de la pandémie, est déjà représentative de tous les secteurs du tourisme québécois, de l’hébergement aux agences réceptives, et compte sur plus de 180 membres engagés dans la voie du tourisme durable. Au chapitre des actions, TDQ a déjà réalisé des cafés-jasette virtuels permettant de creuser certaines notions essentielles, est signataire de la déclaration de Glasgow, a développé l’outil innovateur du Parcours optimal en tourisme durable en 7 étapes, a sensibilisé des centaines d’étudiants en tourisme et participé en Europe aux Universités du tourisme durable, et ce, tout en animant son comité scientifique présidé par Claude Villeneuve, titulaire de la Chaire en Éco-Conseil de l’UQAC. 

Ville de Québec : une volonté claire vers la durabilité ! 

La journée a débuté en force avec la vision affirmée du maire Bruno Marchand, inspiré, entre autres, par la visite récente du maire de Dubrovnik qui a su encadrer efficacement le tourisme en limitant le nombre de navires de croisière. Afin que Québec ne devienne pas un «Disneyland de carton » et ne soit pas « qu’une saveur du mois », il veut s’assurer que « la ville n’offre pas que des murs et de vieilles pierres, car le ciment qui les lie, ce sont les citoyens ». Il espère en attirer 500 de plus dans le quartier du Vieux-Québec, piétonniser et revitaliser le secteur où il est plus facile actuellement de trouver un « chandail du Canada avec un orignal imprimé dessus, qu’une pomme… ». M. Marchand s’est fait encourageant, lorsqu’il a dit qu’il nous faut préférer l’action — même perfectible — au néant. Il ne faut pas avoir peur de se lancer ! 

Il faut repenser notre société !

L’écosociologue Laure Waridel, environnementaliste depuis quelques décennies, a invité les participants à considérer les risques réels que sont la crise climatique, la perte de la biodiversité, la pollution et l’écart des richesses. Il faut repenser notre société, et notamment notre système économique qui externalise les coûts environnementaux et sociaux et dont l’indicateur principal, celui du PIB, ne traduit que la production économique. Nos priorités devraient être de créer davantage de liens entre les êtres humains ainsi qu’avec la nature, de réduire l’utilisation des énergies fossiles et le gaspillage alimentaire, entre autres. Mme Waridel est convaincue que le Québec a le potentiel d’être un réel leader en transition durable. Porteuse d’un message d’espoir, elle affirme que nous avons tous un rôle à jouer pour faire avancer la société. 

Luce-Ann Tremblay de la Ville de Baie-Saint-Paul a livré un témoignage fort inspirant à propos des actions réalisées par cette communauté de 7 300 personnes dans Charlevoix. Véritable précurseur, la Ville a produit son 4e  plan durable depuis son adhésion au programme Agenda 21. Protection des paysages, mobilité durable, sensibilisation auprès des événements et conditions à respecter pour l’octroi de subventions, protection du patrimoine bâti et nouveaux indicateurs de performance sont au nombre des initiatives posées par la communauté.

Un avenir plus proche que l’on pense

Le premier panel de la journée fut composé de Pierre Kanapé – Tourisme Autochtone Québec ; Verónica Gómez – Organisation internationale du tourisme social ; Pascale Marcotte – Université Laval et Alexander Reford – Jardins de Métis. Tous ont convenu que les clients, les employés et les influenceurs augmentent la pression pour obtenir des services touristiques durables. Faut-il viser avant tout à retrouver la réalité de 2019 ? On s’entend pour dire qu’il est nécessaire de faire les choses autrement. Cela veut dire d’utiliser de nouveaux indicateurs sociaux tels que le bien-être des résidents par exemple, et avoir le courage de dire non à certaines choses. Tourisme Autochtone Québec a d’ailleurs changé son approche, et vise aujourd’hui la clientèle québécoise plutôt qu’européenne.

Une expérience écoresponsable

Les participants, à qui des options de covoiturage et de transports en commun ont été proposées lors de l’achat du billet, ont été invités sur place à informer de la nature de leurs déplacements afin que TDQ puisse compenser les émissions liées à leur transport sur le lieu de l’événement. Notons aussi que les participants en présentiel ont eu droit à un repas végétarien et zéro déchet au réfectoire centenaire du Monastère des Augustines. 

La mobilité durable : tendances et solutions

Theophil Haberstroh de la COOP Carbone de Québec a présenté les conditions de succès de la mobilité durable. Celle-ci doit être efficace, sécuritaire, pérenne, équitable, intégrée au milieu et compatible avec la santé humaine et les écosystèmes. Il faut alors travailler sur les 5 dimensions suivantes: 1) les pratiques (ex. : partage des véhicules, mobilité active) ; 2) les technologies (ex : électrification, applications et données en temps réel) ; 3) les infrastructures ; 4) les réglementations et les incitatifs et enfin 5) l’ensemble des acteurs (organismes de transport, collectivités, citoyens). 

Nouvelle réalité climatique : s’adapter pour être plus résilient 

Maurice Couture du Living Lab Laurentides et de Tourisme Laurentides, vétéran du tourisme québécois, est venu exposer les multiples risques immédiats que posent les changements climatiques en tourisme pour tous les types d’acteurs : achalandage incertain, défis liés à la sécurité, dommages matériels et coûts d’entretiens, etc. Il a également présenté certaines opportunités, dont le prolongement de la saison estivale, et l’attrait pour les températures plus fraîches dans le Nord en été. L’atténuation des changements climatiques demeure néanmoins un défi de taille. 

Bonnes pratiques : «  On lâche pas la patate ! »

Chacun des panélistes a partagé des pratiques inspirantes et reproductibles par les autres entreprises. Parmi celles-ci, mentionnons l’AEQ qui poursuit son programme de cotisation et de dons 1 % pour la planète (fonds dédié au Québec de 300 K$) et sa collaboration avec Pages Vertes pour le diagnostic et l’accompagnement de ses membres. Destination Québec cité, depuis 1 an, a inscrit le tourisme durable dans ses nouvelles stratégies et s’engage fermement dans cette direction, notamment par son partenariat avec MTLab. Pour sa part, l’hôtel Nomad de Québec a profité du calme pandémique pour se transformer concrètement de multiples manières : bornes électriques, contrôle du chauffage, produits de soins durables, nettoyage de la literie… Carbone neutre depuis des années, l’hôtel vise maintenant le «  zéro émission nette ». Finalement, la jeune entreprise Traktour a parlé de l’importance de la mission de l’organisation et de s’appuyer sur la raison pour laquelle on s’engage. Sa mission est justement de reconnecter les Québécois à l’origine de leurs aliments via des excursions agrotouristiques, et ce, afin de changer les consommateurs, de les rendre plus conscients, plus éduqués et plus engagés, rien que ça ! 

Ministère du Tourisme : actif en tourisme responsable et durable !

Jessy Baron, sous-ministre responsable du tourisme durable et responsable de ministère du Tourisme du Québec a souligné l’engagement ferme de son ministère envers la durabilité avec la mise en œuvre de son plan d’action et les multiples collaborations et contributions déjà engagées, dont le Plan montagne, l’approche en économie circulaire et la réduction de l’empreinte gouvernementale du tourisme. Il invite tout un chacun à collaborer et nourrir son ministère d’idées innovantes. 

Conclusion et projets d’avenir 

L’engagement de l’industrie touristique québécoise envers la durabilité est clair, mené par les principales organisations sectorielles et territoriales ainsi qu’une multitude d’entreprises. Plusieurs pistes de solutions individuelles et collectives sont clairement identifiées.

Dans ce contexte, TDQ joue un rôle pivot dans l’avancement d’un nouveau tourisme qui repose sur la durabilité et la responsabilité des acteurs du tourisme. Depuis près de deux ans, TDQ réfléchit aux solutions pour faciliter la transition durable et avec son plan stratégique, ses actions de sensibilisation et de concertation, elle agit concrètement. L’outil de référence du Parcours en 7 étapes d’une transition durable réussie en est le meilleur exemple. 

Voir les conférences en rediffusion et accéder aux documents de référence

Ces conférences de qualité seront bientôt disponibles en rediffusion. Il sera possible d’y accéder moyennant une contribution, qui vous permettra également d’obtenir tous les liens vers les dossiers et documents cités dans les présentations. Surveillez l’annonce qui sera bientôt faite à ce sujet. 

Pour rejoindre l’organisation et pour plus d’informations visitez : https://tourismedurable.quebec/  

Partagez nous!

Postes connexes

Menu