Le navire laisse en plan 203 passagers, principalement des États-Uniens, ainsi que 156 membres d’équipage.
Un navire de croisière états-unien qui effectuait un tour du monde et présentait ses cabines comme des résidences flottantes a suspendu son voyage de trois ans, en raison du coût élevédu carburant, obligeant ainsi des centaines de passagers à débarquer.
Le MV Odyssey avait pris la mer il y a deux ans pour un voyage à travers les sept continents. Il présentait sa croisière comme une formule alliant la vie à long terme en mer et les voyages autour du monde. Son exploitant proposait aux clients de « faire de l’Odyssey leur résidence permanente », avec des suites offertes à partir d’environ 230 000 $ US pour toute la durée de vie du navire.
Pour l’instant, le navire est à quai dans le port cambodgien de Sihanoukville, sur le golfe de Thaïlande, sans date de départ confirmée.
Selon les autorités cambodgiennes, le navire transportait 203 passagers, principalement des États-Uniens, ainsi que 156 membres d’équipage. Il peut accueillir jusqu’à 650 passagers.
Des coûts historiques
Son exploitant, Villa Vie Residences, établi en Floride, a indiqué que les dépenses mensuelles en carburant par cabine, qui s’élevaient historiquement à une moyenne de 1 800 $ US, avaient atteint entre 6 000 et 8 000 $ US dans certaines régions d’Asie en raison de la guerre en Iran.
L’entreprise a expliqué avoir tenté de réduire sa consommation en ralentissant l’itinéraire et en prolongeant les escales portuaires, sans parvenir à compenser l’explosion des coûts.
La circulation maritime dans le détroit d’Ormuz est limitée depuis le début de la guerre en Iran, ce qui a restreint l’approvisionnement en différents types de combustibles dérivés du pétrole, particulièrement en Asie du Sud-Est, et fait grimper fortement les prix.
Restructuration en cours
« Nous n’avons pas été en mesure de continuer à absorber les pertes d’exploitation qui en résultent », a déclaré Villa Vie Residences dans un communiqué publié mardi. « Répercuter intégralement cette hausse sur les résidents n’est pas une solution réaliste. Notre priorité est désormais de soutenir les résidents, les membres d’équipage et les employés », pendant que l’entreprise tente de se restructurer.
« L’entreprise travaille avec les résidents afin de coordonner leur débarquement et de trouver des solutions d’hébergement temporaires », précise le communiqué.
Toutefois, Randy Cassingham, un blogueur qui participait à la croisière, a écrit en ligne que « l’entreprise n’a absolument rien fait pour nous aider : nous ne pouvions même pas sortir du port à pied. Des navettes nous ont donc déposés en plein centre-ville de Sihanoukville. »
« Ils ne nous ont même pas fourni une liste d’hôtels, encore moins aidés à nous y rendre ou à payer les chambres », a ajouté Cassingham sur son site Web. L’entreprise n’a pas pu être jointe dans l’immédiat pour commenter la situation.
Le navire est arrivé à Sihanoukville vendredi dernier et devait repartir mercredi, selon un communiqué de Long Dimanche, gouverneur adjoint de la province de Preah Sihanouk. Il a indiqué que le navire devait maintenant faire le plein de carburant et quitter le Cambodge samedi, mais son exploitant n’a pas encore confirmé publiquement cette date.
Un navire au long cours
Construit en 1993, l’Odyssey a été exploité sous différents noms par plusieurs compagnies de croisières au fil des ans, avant d’être immobilisé par la pandémie de coronavirus en 2020. Villa Vie Residences l’a acheté en 2023.
La croisière actuelle, qui devait initialement durer trois ans et demi, a commencé en octobre 2024 à Belfast, en Irlande du Nord, où le navire avait été rénové et réaménagé. Une deuxième croisière avait été provisoirement prévue pour se terminer en août 2030.
Un port refuge
L’Odyssey n’est pas le premier navire de croisière à trouver refuge à Sihanoukville, en pleine crise.
En février 2020, le MS Westerdam avait été autorisé à accoster au Cambodge après s’être vu refuser l’accès à cinq ports d’autres pays, par crainte de la COVID-19. Le virus avait commencé à se propager depuis la Chine à peine un mois plus tôt. Le navire transportait 1 455 passagers, dont plus de 600 citoyens états-uniens.
Après avoir été bloqué en mer pendant deux semaines, le premier ministre cambodgien de l’époque, Hun Sen, avait autorisé le navire à accoster pour des raisons humanitaires, selon ses propres déclarations. Le Cambodge avait alors été salué pour avoir accueilli les passagers à terre et organisé leur retour par avion.
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Légende de la photo principale : Le MV Odyssey est à quai au port autonome de Sihanoukville, au Cambodge, le 28 octobre 2026. Crédit photo : AP Photo/Heng Sinith