Alors que l’échéance du 2 août est imminente, un préavis syndical obligatoire de 72 heures entraînerait une réduction progressive des vols au cours des prochains jours.
L’industrie du voyage a les yeux rivés sur l’horloge alors que l’échéance d’une possible grève approche chez WestJet et ses 4 400 agents de bord.
Bien que les négociations entre la compagnie aérienne et ses agents de bord se poursuivent, un débrayage pourrait survenir dès ce dimanche, le 2 août, à l’issue de la période de réflexion obligatoire imposée par le gouvernement fédéral.
Avant cette date, le syndicat devrait toutefois donner un préavis de grève de 72 heures. Ce préavis entraînerait une réduction progressive des opérations aériennes.
Demain, jour J
La politique de modification et d’annulation flexible de WestJet s’applique aux voyages prévus entre le 30 juillet et le 4 août 2026, permettant aux passagers admissibles de modifier ou d’annuler leur réservation s’ils souhaitent ajuster leurs plans de voyage pendant que les négociations se poursuivent.
Les voyageurs qui ont réservé un vol exploité par WestJet Encore ou un vol en partage de codes assuré par un partenaire, notamment Delta Air Lines, ne seraient pas touchés par une éventuelle grève.
Le 24 juillet, WestJet a indiqué que les discussions avec le syndicat représentant son personnel de cabine progressaient et s’est dit optimiste quant à la possibilité d’en arriver à une entente reconnaissant la contribution de ses agents de bord.
WestJet et le SCFP (CUPE), qui représente les agents de bord de la compagnie, négocient une nouvelle convention collective depuis la fin de 2025. Les agents de bord ont voté à 99 % en faveur d’un mandat de grève.
La rémunération du travail effectué au sol demeure l’un des principaux points d’achoppement des négociations, moins d’un an après que cette même question eut provoqué un conflit de travail impliquant 10 000 agents de bord d’Air Canada.
Le point de vue de WestJet
Sur son site Web, le transporteur maintient que « les agents de bord de WestJet sont rémunérés selon un système d’heures de crédit, qui constitue le modèle de rémunération standard des agents de bord en Amérique du Nord. Les heures rémunérées commencent lorsque l’avion quitte la porte d’embarquement et se terminent lorsqu’il y revient. »
« Nous avons clairement entendu que plusieurs de nos employés estiment que ce système doit être amélioré. Nous savons également que leur rémunération actuelle doit être ajustée dans le contexte de l’inflation, et nous prenons cette question très au sérieux. Nous sommes prêts à apporter des améliorations significatives sur ces deux aspects. Les discussions avec le syndicat sont actives et constructives, et nous sommes convaincus qu’une entente est à portée de main. »
Le SCFP au front
Au cours des dernières semaines, le SCFP a intensifié sa campagne de relations publiques, notamment en organisant plus tôt ce mois-ci une journée nationale d’action ponctuée de rassemblements à travers le pays.
Selon Gabor Lukacs, président d’Air Passenger Rights, les clients dont le vol serait annulé avant le déclenchement éventuel d’une grève auraient le droit d’être réacheminés gratuitement sur n’importe quelle compagnie aérienne, et non uniquement sur WestJet.
« Ces décisions relèvent de la gestion de WestJet et ne sont pas motivées par des impératifs de sécurité », affirme l’organisme de défense des droits des passagers dans une récente publication sur son site Web. Selon M. Lukacs, les voyageurs pourraient également avoir droit à une indemnisation pouvant atteindre 1 000 $ par personne.
Si un vol est annulé une fois la grève officiellement déclenchée, les passagers conserveraient le même droit d’être réacheminés sur une autre compagnie aérienne, ajoute-t-il. Ils pourraient aussi choisir d’obtenir un remboursement.
Le nerf de la guerre
L’issue du conflit dépendra en grande partie de la façon dont les deux parties régleront la question de la rémunération du travail au sol.
Il s’agit toujours du principal point litigieux, même après qu’Air Canada eut conclu en février une entente accordant à ses agents de bord une rémunération correspondant progressivement à 70 % de leur taux horaire pour l’heure précédant le décollage, soit la période d’embarquement.
Plus tôt ce mois-ci, les Canadiens qui ont réservé un vol avec WestJet ont également été invités à examiner attentivement leur assurance voyage. Les polices souscrites après l’annonce d’une possible grève des agents de bord pourraient ne pas couvrir les perturbations liées au conflit de travail, celui-ci étant désormais considéré comme un événement connu.
Avec des informations de La Presse Canadienne.