Après le chaos de l’EES, un nouveau report de l’ETIAS est envisagé

Les voyageurs qui prévoient se rendre en Europe pourraient bénéficier d’un répit, alors qu’un nouveau report du Système européen d’information et d’autorisation de voyage (ETIAS) serait à l’étude.


Cette information survient au moment où le Système d’entrée/sortie (EES) continue d’entraîner des retards de plusieurs heures dans certains aéroports européens, poussant les acteurs de l’industrie à réclamer des solutions urgentes.

Tout récemment, le gouvernement du Canada a mis à jour les exigences d’entrée et de sortie affichées sur voyage.gc.ca, en y ajoutant un avis concernant l’ETIAS pour plus d’une vingtaine de pays européens. L’entrée en vigueur de l’ETIAS est toujours officiellement prévue entre septembre et décembre 2026.

 

Une autorisation additionnelle

L’ETIAS exigera des voyageurs provenant d’une soixantaine de pays exemptés de visa, dont le Canada, qu’ils obtiennent avant leur départ une autorisation électronique de voyage et acquittent des frais de 7 euros.  Cette autorisation sera valide pendant trois ans.

L’EES constitue l’infrastructure informatique (« back-end ») du nouveau système européen de contrôle aux frontières, tandis que l’ETIAS en est l’interface destinée aux voyageurs (« front-end »). Depuis le départ, le lancement de l’ETIAS, déjà repoussé à plusieurs reprises au fil des ans, devait avoir lieu au moins six mois après celui de l’EES.

Or, selon de nouvelles informations, l’entrée en vigueur de l’ETIAS pourrait maintenant être repoussée à 2027.

 

Un lancement irréaliste

Le Financial Times rapporte aujourd’hui que EU-LISA (l’Agence de l’Union européenne chargée de la gestion opérationnelle des systèmes informatiques à grande échelle dans l’espace de liberté, de sécurité et de justice) estime désormais qu’un lancement de l’ETIAS d’ici la fin de 2026 n’est plus réaliste, selon des sources au fait du dossier.

Toujours selon le Financial Times, le conseil d’administration d’EU-LISA s’est réuni à la mi-juin afin de discuter d’un report et devrait se réunir de nouveau en septembre pour confirmer le nouvel échéancier.

Une source a indiqué que le report ne devrait pas être très long, évoquant un décalage d’un trimestre, voire d’un seul mois.

Une autre source s’est toutefois montrée beaucoup plus sceptique, jugeant qu’il est « illusoire » de croire que l’ETIAS pourra être lancé en 2026.

 

Un cafouillage qui perdure

Le système EES de l’Europe, qui est entré en service en octobre 2025 avant un déploiement progressif de six mois complété officiellement en avril 2026, cause déjà d’importants problèmes.

Comme nous le rapportions récemment, les temps d’attente aux contrôles frontaliers ont explosé alors que les aéroports européens peinent à composer avec le nouveau système. Cette situation a amené plusieurs associations de l’industrie à demander à la Commission européenne d’intervenir rapidement, en pleine période estivale.

Depuis sa mise en œuvre, l’EES a considérablement ralenti les contrôles frontaliers dans les aéroports du continent. Dans certains d’entre eux, les délais d’attente peuvent dépasser cinq heures durant les périodes de forte affluence.

 

Un point critique atteint

« Nous avons atteint un point critique », estimait le Airports Council International (ACI) Europe dans une lettre adressée le 1er juillet à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) dénonce lui aussi les perturbations causées par l’EES. Selon l’organisation, si ces problèmes ne sont pas rapidement corrigés, l’Europe pourrait se retrouver « nettement désavantagée » par rapport à d’autres destinations internationales offrant des procédures d’entrée plus rapides et plus fluides.

Selon plusieurs informations, le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, devait rencontrer aujourd’hui, le 7 juillet, des représentants de l’industrie afin de discuter de la situation. Dans une lettre datée du 3 juillet, M. Brunner indiquait que la Commission européenne allait « intensifier ses efforts pour aider les États membres qui éprouvent encore des difficultés ».

Les pays européens qui exigeront éventuellement une autorisation ETIAS et le paiement des frais correspondants sont les suivants : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Islande, l’Italie, la Lettonie, le Liechtenstein, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède et la Suisse.