• vendredi le 7 mai, 2021

Transat peut-elle survivre sans Air Canada ? « La réponse courte est oui », selon un expert en aviation

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9 avril 2021 – Comme bon nombre de nouvelles sur le voyage parues l’année dernière, la fin de la fusion prévue entre Air Canada et Transat a été un choc énorme pour l’industrie, malgré certains signes qui pouvaient laisser à penser que quelque chose se tramait.

La semaine dernière, les deux compagnies ont décidé d’un commun accord de mettre fin à leur projet de fusion après que la Commission européenne (CE) – qui a le dernier mot dans le processus réglementaire – a indiqué qu’elle ne donnerait pas son aval en raison de problèmes de concurrence sur les liaisons transatlantiques. Cette annonce survient quelques semaines à peine après que le directeur général de Transat, Jean-Marc Eustache, a annoncé que la compagnie montréalaise s’efforçait d’obtenir un financement au cas où l’accord avec Air Canada échouerait, un indice révélateur de ce qui allait se passer.

Malgré le soutien du gouvernement du Canada à l’offre publique d’achat d’Air Canada, d’un montant de 190 millions de dollars (il avait déjà donné son approbation le 12 février), l’opération est maintenant compromise sans le feu vert de la Commission européenne. Air Canada a accepté de verser à Transat une indemnité de résiliation unique de 12,5 millions de dollars, mais au-delà de cette somme, quelle est la prochaine étape pour Transat ? Comme toutes les compagnies aériennes, elle a vu ses bénéfices s’effondrer pendant la pandémie. Les résultats du quatrième trimestre de 2020 ne montrent que 28,4 millions de dollars de revenus, soit une baisse massive de 95,9 % (664,8 millions de dollars) par rapport à 2019. De plus, le gouvernement fédéral n’a toujours pas fourni de détails sur son « programme d’aide » aux compagnies aériennes canadiennes, qui a été annoncé pour la première fois le 8 novembre par Marc Garneau, alors ministre des Transports.

Air Canada et Transat sont restées fermes dans leur volonté de conclure l’accord. Transat a repoussé une offre du Groupe Mach en juillet 2019 et a recommandé à ses actionnaires de soutenir l’offre d’Air Canada. Alors maintenant, sans l’accord, la question demeure : Transat peut-elle survivre à ce dernier revers ?

La réponse courte, selon un expert en aviation, est oui.

« Transat aura besoin de fonds de transition et de capital de restructuration » , affirme John Gradek, conférencier, coordonnateur du programme de gestion en aviation de McGill et membre du Tribunal d’appel des transports du Canada. « Selon les estimations, le gouvernement fédéral devrait fournir 500 millions de dollars de fonds de transition et 150 millions de dollars d’injection de capitaux pour acheter les actions en circulation et remplacer le conseil d’administration. Une fois cela fait, le travail commencera pour reconstruire la relation avec ses clients et son réseau. »

Lorsqu’on lui demande comment Transat devra se positionner dans les mois à venir, en prévision d’une éventuelle reprise du voyage, John Gradek explique à notre rédaction que l’image de marque sera de la plus haute importance.

« En supposant que la direction actuelle cherche à poursuivre l’organisation et à renforcer sa crédibilité sur le marché canadien, Transat doit tirer parti de sa marque sur le marché des loisirs, qui reprendra avant celui des voyages d’affaires, et convaincre les clients qu’elle maintiendra sa proposition de valeur. Cela signifie qu’elle doit être exemplaire en matière de prix et offrir des niveaux de service à bord supérieurs à ceux des transporteurs plus établis, une tactique qui lui a bien servi dans le passé », dit-il.

Étant la plus petite compagnie aérienne des deux, Transat devra faire face à un redressement plus difficile que le transporteur national. Mais cela signifie-t-il qu’Air Canada sortira relativement indemne de l’absence d’accord ? La compagnie a certainement des raisons d’être optimiste pour l’avenir, avec la reprise des vols internationaux vers le Mexique, les Caraïbes et l’Amérique du Sud en mai. Mais seul le temps nous dira si l’acquisition manquée finira par nuire à Air Canada à long terme.

« Air Canada a souhaité s’associer à Air Transat pour renforcer sa marque mais, surtout, pour bénéficier de l’excellent parc aérien exploité par la compagnie », ajoute John Gradek. « Avec la flotte d’Air Transat, Air Canada aurait pu se défaire de certains appareils moins économes en carburant et moins durables, mais la pandémie est “venue à la rescousse” d’Air Canada dans cette stratégie. »

« Donc, Air Canada s’en sortira bien sans cette acquisition, mais Air Transat reste toutefois un concurrent redoutable sur les itinéraires de l’Atlantique et du Sud. »

Pour lire l’article complet (en anglais), consultez le numéro du 8 avril de Travelweek ici.

Source : Cindy Sosroutomo pour le groupe Travelweek/Profession Voyages

Traduction : Emmanuelle Bouvet

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