Les aéroports des villes-sanctuaires des États-Unis menacés

L’industrie états-unienne du voyage s’inquiète que l’administration Trump songe à retirer des agents de ces aéroports.


L’industrie du voyage est en alerte, aux États-Unis, après que le secrétaire à la Sécurité intérieure états-unienne, Markwayne Mullin, ait réitéré sa menace de retirer les agents de la U.S. Customs and Border Protection (CBP) des aéroports situés dans les villes dites « sanctuaires », une mesure qui pourrait compromettre les vols internationaux.

La U.S. Travel Association a déclaré que M. Mullin avait confirmé envisager ce retrait lors d’une réunion où le groupe de l’industrie exprimait ses inquiétudes concernant d’autres propositions à l’étude par l’administration Trump et susceptibles d’entraver les déplacements.

La U.S. Travel Association et les grandes compagnies aériennes ont rapidement condamné cette idée, et même le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, a affirmé qu’elle n’avait aucun sens selon lui.

« La U.S. Travel Association estime qu’une telle mesure aurait des conséquences dévastatrices pour l’industrie du voyage et pour les communautés qui dépendent des visites internationales », a déclaré vendredi le groupe dans un communiqué.

 

Nager dans l’inconnu

Sean Duffy a indiqué, lors d’une audition au Congrès plus tôt cette semaine, qu’il n’était pas au courant des propos de Markwayne Mullin, et qu’il souhaitait en connaître davantage sur le contexte, peut-être même lui demander ce qu’il voulait dire.

Mais il a ajouté qu’il serait néfaste de commencer à restreindre les déplacements en fonction des opinions politiques. Après tout, un jour viendra où les démocrates seront aux commandes et « vous échangerez alors tous vos places », a-t-il dit.

« Nous avons des personnes venant du monde entier et de partout au pays qui doivent pouvoir voler vers toutes sortes d’endroits, ajoute Sean Duffy. Nous ne devrions pas fermer le transport aérien dans un État qui n’est pas d’accord avec notre politique. »

Il n’est donc pas clair dans quelle mesure cette idée est soutenue au sein de l’administration, même si Trump a déjà menacé de suspendre le financement destinés aux villes sanctuaires.

 

Qu’est-ce qu’une ville sanctuaire?

Il n’existe pas de définition stricte des politiques ou des villes sanctuaires, mais ces termes désignent généralement une ville qui a une coopération limitée avec la Immigration and Customs Enforcement (ICE). Les tribunaux ont déjà rejeté par le passé l’idée de leur retirer leur financement.

Lors du premier mandat de Trump, en 2017, les tribunaux ont annulé son initiative visant à couper les fonds de ces villes.

On ne sait pas exactement quelles villes et quels aéroports Markwayne Mullin pourrait cibler, mais le département de la Justice a publié l’an dernier une liste d’une trentaine d’États, de villes et de comtés qu’il considère comme des juridictions sanctuaires.

Le groupe professionnel Airlines for America s’est empressé de déclarer que cette idée nuirait à l’économie états-unienne et perturberait les déplacements.

« Réduire le personnel de la CBP dans les grands aéroports aurait un effet dévastateur sur les secteurs aérien et touristique, provoquant d’importantes perturbations opérationnelles pour les transporteurs, les voyageurs et le flux du fret international », de conclure l’organisme.